N°3 / Insécurité urbaine et protection des mineurs en Afrique de l'Ouest

Commentaire du point 31 du plan marocain pour l'autonomie au Sahara

Salah EDDINE MAATOUK

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<p><q>&hellip; le royaume adoptera notamment une amnistie g&eacute;n&eacute;rale excluant toutes poursuites, arrestation, d&eacute;tention, emprisonnement ou intimidation de quelque nature que ce soit, fond&eacute;es sur des faits objet de l&rsquo;amnistie</q></p> <p><q>Point 31 du Plan marocain pour l&rsquo;autonomie au Sahara (PMA)</q></p> <p>&nbsp;</p> <p>Le terme &laquo;&nbsp;amnistie&nbsp;&raquo;, utilis&eacute; en droit p&eacute;nal interne, d&eacute;signe une mesure l&eacute;gislative exceptionnelle qui d&eacute;pouille r&eacute;troactivement de leur caract&egrave;re d&eacute;lictueux certains faits. Ceux-ci ne peuvent plus &ecirc;tre consid&eacute;r&eacute;s comme tels et sont cens&eacute;s n&rsquo;avoir jamais &eacute;t&eacute; incrimin&eacute;s par le l&eacute;gislateur<a href="#sdfootnote1sym" name="sdfootnote1anc">1</a>. Le philosophe Paul Ricoeur, &eacute;voque de fa&ccedil;on heureuse, &laquo;&nbsp;une amnistie institutionnelle invitant &agrave; faire comme si l&rsquo;&eacute;v&eacute;nement n&rsquo;avait pas eu lieu&nbsp;&raquo;<a href="#sdfootnote2sym" name="sdfootnote2anc">2</a>. Le caract&egrave;re exceptionnel des lois d&rsquo;amnistie est d&rsquo;ailleurs respect&eacute; par le juge p&eacute;nal qui rappelle souvent que, contrairement aux faits justificatifs, elles doivent &ecirc;tre interpr&eacute;t&eacute;es strictement. Les raisons de cette application stricte tiennent &agrave; la dimension fictive de l&rsquo;amnistie et &agrave; la volont&eacute; du l&eacute;gislateur qui, en mesurant son pardon, a entendu exclure tout d&eacute;bordement<a href="#sdfootnote3sym" name="sdfootnote3anc">3</a>.</p> <p>En droit p&eacute;nal marocain l&rsquo;amnistie, tout comme la gr&acirc;ce<a href="#sdfootnote4sym" name="sdfootnote4anc">4</a>, fait partie des causes d&rsquo;extinction de l&rsquo;infraction, de l&rsquo;action publique et des peines. Elle est r&eacute;gie par les articles 49<a href="#sdfootnote5sym" name="sdfootnote5anc">5</a>, 51<a href="#sdfootnote6sym" name="sdfootnote6anc">6</a>, 93 et 95<a href="#sdfootnote7sym" name="sdfootnote7anc">7</a> du Code p&eacute;nal marocain et les articles 4<a href="#sdfootnote8sym" name="sdfootnote8anc">8</a>, 223,&nbsp;663 al. 2<a href="#sdfootnote9sym" name="sdfootnote9anc">9</a> et 690<a href="#sdfootnote10sym" name="sdfootnote10anc">10</a>&nbsp;du Code de proc&eacute;dure p&eacute;nale marocain. Mais l&rsquo;amnistie ne rel&egrave;ve pas que des &eacute;l&eacute;ments de politique criminelle int&eacute;rieure. Elle s&rsquo;applique parfois en vertu de la clause d&rsquo;un trait&eacute; de paix par laquelle les parties renoncent &agrave; leurs griefs, que ceux-ci soient ant&eacute;rieurs ou cons&eacute;cutifs &agrave; un conflit arm&eacute;.</p> <p>Dans le cadre limit&eacute; de cette &eacute;tude, il importe de pr&eacute;ciser d&rsquo;embl&eacute;e que ce propos est circonscrit &agrave; l&rsquo;examen de l&rsquo;amnistie pr&eacute;vue dans le point 31 du PMA dans la sph&egrave;re p&eacute;nale interne (II) du Maroc apr&egrave;s avoir envisag&eacute; sa perspective internationale (I).</p> <h2>&nbsp;</h2> <h2>I. L&rsquo;application du point 31 du PMA dans l&rsquo;ordre juridique international</h2> <p>La litt&eacute;rature toujours plus abondante qui s&rsquo;attache &agrave; analyser, d&eacute;finir et qualifier les divers actes susceptibles d&rsquo;&eacute;maner des organisations internationales porte t&eacute;moignage de l&rsquo;int&eacute;r&ecirc;t que suscite la question de l&rsquo;amnistie<a href="#sdfootnote11sym" name="sdfootnote11anc">11</a>. &laquo;&nbsp;Les &eacute;volutions de l&rsquo;ONU, en mati&egrave;re d&rsquo;amnistie, ont &eacute;t&eacute; remarquables, depuis le d&eacute;but des ann&eacute;es 1990, elle s&rsquo;est engag&eacute;e dans une lutte contre l&rsquo;impunit&eacute; qui n&rsquo;a pas de pr&eacute;c&eacute;dent dans le cadre du droit international&nbsp;&raquo;<a href="#sdfootnote12sym" name="sdfootnote12anc">12</a>. Plusieurs de ses organes se sont prononc&eacute;s dans cette perspective, notamment son Assembl&eacute;e g&eacute;n&eacute;rale qui, &agrave; plusieurs reprises, a exprim&eacute; son opposition aux diff&eacute;rentes formes d&rsquo;impunit&eacute; ou encore le Conseil de s&eacute;curit&eacute;. Il en r&eacute;sulte une tr&egrave;s riche s&eacute;rie de r&eacute;solutions traduisant une &eacute;volution vers la sanction des violations graves aux droits de l&rsquo;homme<a href="#sdfootnote13sym" name="sdfootnote13anc">13</a>.</p> <p>Selon Gabriele Della Morte, la promotion de l&rsquo;Etat de droit, &agrave; partir de la charte des Nations unies, a abouti, &agrave; ce que les normes de l&rsquo;ONU soient adopt&eacute;es &laquo; par les pays du monde entier et incorpor&eacute;es &agrave; l&rsquo;ensemble des Syst&egrave;mes juridiques des Etats membres, que ceux-ci soient fond&eacute;s sur la commun law, le droit romain, le droit islamique ou d&rsquo;autres traditions juridiques&nbsp;&raquo;<a href="#sdfootnote14sym" name="sdfootnote14anc">14</a>. Au regard de ce cadre normatif variable, des cons&eacute;quences doivent &ecirc;tre tir&eacute;es&nbsp;: &laquo;&nbsp;les amnisties peuvent contribuer au retour et &agrave; la r&eacute;insertion de groupes de civils d&eacute;plac&eacute;s [&hellip;] et m&eacute;ritent d&rsquo;&ecirc;tre encourag&eacute;es<a href="#sdfootnote15sym" name="sdfootnote15anc">15</a> mais [elles ne doivent] en aucun cas excuser des actes de g&eacute;nocide, des crimes de guerre, des crimes contre l&rsquo;humanit&eacute; ou des atteintes graves aux Droits de l&rsquo;Homme&nbsp;&raquo;<a href="#sdfootnote16sym" name="sdfootnote16anc">16</a>.</p> <p>Cette position est encore affirm&eacute;e par le comit&eacute; des droits de l&rsquo;homme de l&rsquo;ONU, le comit&eacute; contre la torture et la Cour europ&eacute;enne des droits de l&rsquo;homme. Cela dit, aucune prohibition cat&eacute;gorique des amnisties en droit international conventionnel n&rsquo;existe. Bien au contraire, certaines dispositions semblent les encourager. Ainsi l&rsquo;article 6, paragraphe 5, du deuxi&egrave;me protocole de 1977, additionnel aux conventions de Gen&egrave;ve de 1949, applicable en cas de conflit arm&eacute; non international, dispose qu&rsquo;&agrave; &laquo;&nbsp;l&rsquo;occasion des hostilit&eacute;s les autorit&eacute;s au pouvoir s&rsquo;efforceront d&rsquo;accorder la plus large amnistie possible aux personnes qui auront pris part au conflit arm&eacute;, qui auront &eacute;t&eacute; priv&eacute;s de libert&eacute; pour des motifs en relation avec le conflit arm&eacute;, qu&rsquo;elles soient intern&eacute;es ou d&eacute;tenues&nbsp;&raquo;.</p> <p>Le commentaire de la Croix Rouge indique que son objet est &laquo;&nbsp;d&rsquo;encourager un geste de r&eacute;conciliation qui contribue &agrave; r&eacute;tablir le cours normal de la vie dans un peuple qui a &eacute;t&eacute; divis&eacute;&nbsp;&raquo;<a href="#sdfootnote17sym" name="sdfootnote17anc">17</a>. Il convient de souligner &agrave; cet &eacute;gard qu&rsquo;il n&rsquo;est pas question de pardonner les crimes les plus graves. A titre d&rsquo;exemple, peuvent &ecirc;tre cit&eacute;s les accords de Dayton-Paris mettant fin &agrave; la guerre en Bosnie qui contiennent une clause d&rsquo;amnistie g&eacute;n&eacute;rale ne couvrant pas les crimes relevant de la comp&eacute;tence TPIY<a href="#sdfootnote18sym" name="sdfootnote18anc">18</a>.</p> <p>Les dispositions du point 31 du PMA sont explicites. La sinc&eacute;rit&eacute; de la proposition marocaine qu&rsquo;elles expriment ne fait aucun doute. Si le texte est d&eacute;j&agrave; d&rsquo;une grande clart&eacute;, sa philosophie l&rsquo;est davantage encore puisqu&rsquo;il proc&egrave;de &agrave; une description particuli&egrave;rement d&eacute;taill&eacute;e de ce m&eacute;canisme juridique. Conscient de l&rsquo;ampleur de l&rsquo;objectif auquel il participe &agrave; travers le point 31, &agrave; savoir la r&eacute;conciliation entre les parties en pr&eacute;sence, il d&eacute;finit une nouvelle base devant servir de point de d&eacute;part &agrave; une vie en commun. Celle-ci ne peut r&eacute;ussir sans les dispositions du point 31 qui rel&egrave;vent donc de l&rsquo;&eacute;vidence<a href="#sdfootnote19sym" name="sdfootnote19anc">19</a>.</p> <p>Force est donc de constater que les prescriptions du point 31 du PMA sont manifestement adapt&eacute;es aux normes internationales relatives &agrave; l&rsquo;amnistie.</p> <h2>&nbsp;</h2> <h2>II. L&rsquo;application du point 31 du PMA dans l&rsquo;ordre juridique interne</h2> <p>L&rsquo;amnistie, en qualit&eacute; de mesure exceptionnelle, ne peut &eacute;maner que d&rsquo;une disposition particuli&egrave;re de la loi. En application du principe de l&eacute;galit&eacute; criminelle, le l&eacute;gislateur est seul apte &agrave; incriminer et doit parall&egrave;lement &ecirc;tre seul &agrave; pouvoir faire dispara&icirc;tre le caract&egrave;re incriminant de ses textes sans &ecirc;tre li&eacute; par des principes g&eacute;n&eacute;raux du droit ni par ceux qui auraient pu &ecirc;tre utilis&eacute;s par de pr&eacute;c&eacute;dents textes d&rsquo;amnistie.</p> <p>En effet selon l&rsquo;article 51 al. 1er du Code p&eacute;nal &laquo;&nbsp;l&rsquo;amnistie ne peut r&eacute;sulter que d&rsquo;une disposition expresse de la loi&nbsp;&raquo; et l&rsquo;article 71 de la Constitution de 2011 place l&rsquo;amnistie dans le domaine de loi. Il appartient donc au Parlement de d&eacute;terminer quels sont les agents ou les infractions qui peuvent en b&eacute;n&eacute;ficier. L&rsquo;&eacute;tude de l&rsquo;histoire des lois d&rsquo;amnistie au Maroc r&eacute;v&egrave;le cependant que certaines ont &eacute;t&eacute; prises par le roi<a href="#sdfootnote20sym" name="sdfootnote20anc">20</a>, notamment parce qu&rsquo;&agrave; l&rsquo;&eacute;poque il n&rsquo;y avait pas encore d&rsquo;organe l&eacute;gislatif &eacute;lu.</p> <p>Le droit de l&rsquo;amnistie a un caract&egrave;re strictement national&nbsp;: le l&eacute;gislateur est libre d&rsquo;en fixer les conditions d&rsquo;application. C&rsquo;est &agrave; lui qu&rsquo;appartient r&eacute;guli&egrave;rement le droit de faire ou de d&eacute;faire la loi. Il peut amnistier des faits ou des personnes. Il peut ainsi organiser une amnistie r&eacute;elle qui est attach&eacute;e &agrave; des faits que la loi &eacute;num&egrave;re, abstraction faite de leur auteur sans tenir compte de leur personnalit&eacute;. L&rsquo;amnistie r&eacute;elle op&egrave;re in rem en raison de son objet m&ecirc;me&nbsp;; elle s&rsquo;applique &agrave; tous les coauteurs ou complices des infractions. Il peut aussi accorder une amnistie personnelle, accord&eacute;e non en fonction de l&rsquo;infraction commise mais attach&eacute;e &agrave; des particularit&eacute;s ou des qualit&eacute;s personnelles que la loi prend en consid&eacute;ration. L&rsquo;amnistie personnelle n&rsquo;op&egrave;re &eacute;videment qu&rsquo;in personam&nbsp;: c&rsquo;est le cas des amnisties port&eacute;es par le dahir du 19 d&eacute;cembre 1955<a href="#sdfootnote21sym" name="sdfootnote21anc">21</a> et le dahir du 8 novembre 1963<a href="#sdfootnote22sym" name="sdfootnote22anc">22</a>.</p> <p>La lecture de l&rsquo;amnistie pr&eacute;vue par le point 31 du PMA permet d&rsquo;affirmer qu&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;une amnistie &agrave; la fois g&eacute;n&eacute;rale et personnelle. Elle est par essence gratuite et n&rsquo;exige aucune manifestation de repentir ou d&rsquo;amendement de la part de ceux qui en b&eacute;n&eacute;ficient&nbsp;; elle se suffit &agrave; elle-m&ecirc;me &agrave; jeter le voile de l&rsquo;oubli sur tel ou tel objet. Le qualificatif &laquo;&nbsp;g&eacute;n&eacute;ral&nbsp;&raquo; utilis&eacute; par le point 31 est symptomatique de son caract&egrave;re global et ne subordonne son application &agrave; aucune obligation pr&eacute;cise<a href="#sdfootnote23sym" name="sdfootnote23anc">23</a>.</p> <p>&nbsp;</p> <p>L&rsquo;&eacute;tude de l&rsquo;histoire des amnisties en droit marocain r&eacute;v&egrave;le cette tradition du pardon et de la r&eacute;conciliation&nbsp;: fid&egrave;le &agrave; cet h&eacute;ritage le point 31 du PMA se retrouve enti&egrave;rement dans cette logique qui est la sienne, &agrave; savoir la construction<a href="#sdfootnote24sym" name="sdfootnote24anc">24</a>.</p> <p>&nbsp;</p> <p>&nbsp;</p> <div id="sdfootnote1"> <p><a href="#sdfootnote1anc" name="sdfootnote1sym">1</a> F.-P. Blanc, Droit p&eacute;nal g&eacute;n&eacute;ral marocain, &eacute;dition Sochepress, 1984, 176 p., p. 137. Voir &eacute;galement J. Pradel, Droit p&eacute;nal g&eacute;n&eacute;ral, Cujas, 22e &eacute;d., 2019, 828 p.&nbsp;; M. Drissi Alami Machichi, Manuel de droit p&eacute;nal g&eacute;n&eacute;ral, &eacute;dition maghr&eacute;bine, 1976, 647 p., p 391 et s.&nbsp;; J. Roche-Dahan, L&rsquo;amnistie en droit fran&ccedil;ais, th., droit, Aix-en Provence, 1994&nbsp;; J.-F. Seuvic, &laquo;&nbsp;L&rsquo;amnistie, une tradition r&eacute;publicaine&nbsp;&raquo;, RSC, 1996, p. 405 et s.</p> </div> <div id="sdfootnote2"> <p><a href="#sdfootnote2anc" name="sdfootnote2sym">2</a> P. Ricoeur, Le juste, Edition esprit, Paris, 1995, p. 205.</p> </div> <div id="sdfootnote3"> <p><a href="#sdfootnote3anc" name="sdfootnote3sym">3</a> J. Pradel, &laquo;&nbsp;Les limites de l&rsquo;amnistie en droit fran&ccedil;ais&nbsp;&raquo;, D. 1966, chron., XXVIII, p. 233-240.</p> </div> <div id="sdfootnote4"> <p><a href="#sdfootnote4anc" name="sdfootnote4sym">4</a> La gr&acirc;ce est une faveur d&rsquo;indulgence par laquelle le roi dispense un agent reconnu coupable et d&eacute;finitivement condamn&eacute;, soit de poursuite soit de subir sa peine en totalit&eacute; ou en partie, ou par laquelle il substitue une peine plus douce &agrave; celle normalement encourue. Elle peut &ecirc;tre soit individuelle soit g&eacute;n&eacute;rale. Par opposition &agrave; l&rsquo;amnistie, la gr&acirc;ce est un acte individuellement d&eacute;termin&eacute;. La gr&acirc;ce exige un n&eacute;cessairement la force de chose jug&eacute;e de la condamnation. L&rsquo;article 53 du Code p&eacute;nal marocain pr&eacute;voit que &laquo; le droit de gr&acirc;ce est un attribut du souverain&nbsp;&raquo; et aux termes de l&rsquo;article 58 de la nouvelle constitution de 2011 &laquo;&nbsp;le Roi exerce le droit de gr&acirc;ce&nbsp;&raquo;. Cette institution a &eacute;t&eacute; r&eacute;glement&eacute;e par le dahir n&deg; 1.57.387 du 16 f&eacute;vrier 1958 (16 R&acirc;jab 1377), BO n&deg; 2365. Elle a &eacute;t&eacute; modifi&eacute;e par le dahir portant loi n&deg; 1.77.226 du 8 octobre 1977 (24 chaoual 1397), BO du 10 octobre 1977.</p> </div> <div id="sdfootnote5"> <p><a href="#sdfootnote5anc" name="sdfootnote5sym">5</a> Article relatif aux causes d&rsquo;extinction, d&rsquo;exemption ou de suspension des peines.</p> </div> <div id="sdfootnote6"> <p><a href="#sdfootnote6anc" name="sdfootnote6sym">6</a> Article relatif &agrave; l&rsquo;origine l&eacute;gislative de l&rsquo;amnistie.</p> </div> <div id="sdfootnote7"> <p><a href="#sdfootnote7anc" name="sdfootnote7sym">7</a> Article traitant de l&rsquo;arr&ecirc;t de l&rsquo;ex&eacute;cution.</p> </div> <div id="sdfootnote8"> <p><a href="#sdfootnote8anc" name="sdfootnote8sym">8</a> Article relatif aux causes d&rsquo;extinction.</p> </div> <div id="sdfootnote9"> <p><a href="#sdfootnote9anc" name="sdfootnote9sym">9</a> Article relatif au bulletin n&deg; 1 du casier judiciaire.</p> </div> <div id="sdfootnote10"> <p><a href="#sdfootnote10anc" name="sdfootnote10sym">10</a> Article relatif &agrave; la r&eacute;habilitation judicaire.</p> </div> <div id="sdfootnote11"> <p><a href="#sdfootnote11anc" name="sdfootnote11sym">11</a> Voir M. Delmas-Marty (dir.), Les sources du droit international p&eacute;nal, 2004, p. 488.</p> </div> <div id="sdfootnote12"> <p><a href="#sdfootnote12anc" name="sdfootnote12sym">12</a> G. Della Morte, Les amnisties internationales, Paris, 2007, p. 55.</p> </div> <div id="sdfootnote13"> <p><a href="#sdfootnote13anc" name="sdfootnote13sym">13</a> Ibid., p. 56.</p> </div> <div id="sdfootnote14"> <p><a href="#sdfootnote14anc" name="sdfootnote14sym">14</a> Rapport du secr&eacute;taire g&eacute;n&eacute;ral des Nations unies intitul&eacute;&nbsp;: r&eacute;tablissement de l&rsquo;Etat de droit et administration de la justice pendant la p&eacute;riode de transition dans les soci&eacute;t&eacute;s en paroi &agrave; un conflit ou sortant d&rsquo;un conflit Doc. S/2004/616, 3 ao&ucirc;t 2004, p.5 cit&eacute; par G. Della Morte, op. cit., p. 57.</p> </div> <div id="sdfootnote15"> <p><a href="#sdfootnote15anc" name="sdfootnote15sym">15</a> Selon le point 30 du PMA &laquo; le royaume du Maroc prendra toutes les mesures n&eacute;cessaires afin d&rsquo;assurer aux personnes qui seront rapatri&eacute;es une r&eacute;insertion compl&egrave;te au sein de la collectivit&eacute; nationale, dans des conditions garantissant leur dignit&eacute;, leur s&eacute;curit&eacute; et la protection de leurs biens&nbsp;&raquo;.</p> </div> <div id="sdfootnote16"> <p><a href="#sdfootnote16anc" name="sdfootnote16sym">16</a> G. Della Morte, op. cit., p. 57.</p> </div> <div id="sdfootnote17"> <p><a href="#sdfootnote17anc" name="sdfootnote17sym">17</a> CICR, Commentaire des protocoles additionnels du 8 juin 1977 aux conventions de Gen&egrave;ve du 12 ao&ucirc;t 1949, Martinus Nijhof, Gen&egrave;ve, 1986, p. 1426, n&deg; 4618, cit&eacute; par Gabriele Della Morte, op. cit., p. 44.</p> </div> <div id="sdfootnote18"> <p><a href="#sdfootnote18anc" name="sdfootnote18sym">18</a> Ibid.</p> </div> <div id="sdfootnote19"> <p><a href="#sdfootnote19anc" name="sdfootnote19sym">19</a> Parall&egrave;lement l&rsquo;&eacute;volution tend vers une plus grande protection de l&rsquo;individu, reconnu plus nettement comme sujet de droit international. C&rsquo;est ainsi que la d&eacute;claration universelle des droits de l&rsquo;homme a institu&eacute; un m&eacute;canisme juridictionnel qui autorise l&rsquo;exercice d&rsquo;un droit de recours pour l&rsquo;individu.</p> </div> <div id="sdfootnote20"> <p><a href="#sdfootnote20anc" name="sdfootnote20sym">20</a> Il convient de citer &agrave; nouveau quelques lois d&rsquo;amnistie&nbsp;: le dahir du 23 novembre 1954 portant amnistie, BO n&deg;&nbsp;2198 du 10 d&eacute;cembre 1954&nbsp;; le dahir du 19 d&eacute;cembre 1955 portant amnistie, BO n&deg; 2252 du 23 d&eacute;cembre 1955.</p> </div> <div id="sdfootnote21"> <p><a href="#sdfootnote21anc" name="sdfootnote21sym">21</a> BO, 1955, p. 1871&nbsp;: &laquo;&nbsp;Par esprit de justice et d&rsquo;&eacute;quit&eacute;, il y a lieu d&rsquo;annuler toutes les condamnations prononc&eacute;es au cours de la p&eacute;riode comprise entre le 11 janvier 1944 et le 7 d&eacute;cembre 1955, par les juridictions ch&eacute;rifiennes, contre les Marocains qui ont voulu exprimer leur attachement &agrave; notre majest&eacute; et notre tr&ocirc;ne ch&eacute;rifien. Il convient aussi par esprit de justice, d&rsquo;arr&ecirc;ter et d&rsquo;annuler toutes les poursuites engag&eacute;es pour les m&ecirc;mes faits, commis avant le 7 d&eacute;cembre 1955, date de la constitution de notre gouvernement. Art. 1er. Ne sont pas punissables les faits ayant donn&eacute; lieu entre le 11 janvier 1944 et le 7 d&eacute;cembre 1955, &agrave; des poursuites judiciaires ou &agrave; des condamnations prononc&eacute;es par les juridictions ch&eacute;rifiennes, lorsque ces faits ont &eacute;t&eacute; inspir&eacute;s par des mobiles d&rsquo;ordre politique ou patriotique. ,Art. 2. En vertu des prescriptions ci-dessus sont annul&eacute;es toutes les poursuites engag&eacute;es aupr&egrave;s des juridictions ch&eacute;rifiennes contre nos sujets pour les motifs mentionn&eacute;s &agrave; l&rsquo;article premier. Art. 3. Sont &eacute;galement annul&eacute;s tous les arr&ecirc;ts d&eacute;finitifs prononc&eacute;s par les juridictions, pour les motifs mentionn&eacute;s &agrave; l&rsquo;article premier&nbsp;&raquo;.</p> </div> <div id="sdfootnote22"> <p><a href="#sdfootnote22anc" name="sdfootnote22sym">22</a> BO du 16 novembre 1963, n&deg; 2664, p. 1761.</p> </div> <div id="sdfootnote23"> <p><a href="#sdfootnote23anc" name="sdfootnote23sym">23</a> Le Salvador et Ha&iuml;ti ont opt&eacute; pour une amnistie conditionn&eacute;e&nbsp;; l&rsquo;Alg&eacute;rie, le Chili, la C&ocirc;te d&rsquo;Ivoire, la Croatie et le Guatemala ont pr&eacute;vu des amnisties non conditionn&eacute;es.</p> </div> <div id="sdfootnote24"> <p><a href="#sdfootnote24anc" name="sdfootnote24sym">24</a> Le point 34 du PMA en est la cons&eacute;quence logique. En effet, il pr&eacute;cise que &laquo;&nbsp;[&hellip;] le Maroc s&rsquo;engage &agrave; n&eacute;gocier, de bonne foi, dans un esprit constructif d&rsquo;ouverture et de sinc&eacute;rit&eacute;, afin de parvenir &agrave; une solution politique d&eacute;finitive et mutuellement acceptable &agrave; ce diff&eacute;rend dont la r&eacute;gion p&acirc;tit. A cet effet, le royaume est dispos&eacute; &agrave; apporter une contribution active &agrave; la mise en place d&rsquo;un climat de confiance qui pourra aboutir au succ&egrave;s de ce projet&nbsp;&raquo;.</p> </div>

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Intervention judiciaire d'urgence et droits des personnes poursuivies en matière pénale

Cheikh SENE

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